src="http://www.websiteribbon.com/banner.gif " alt="banner ad"

samedi 20 octobre 2018

#CHRONIQUES A la place du coeur saison 3 - Arnaud Cathrine

"on n'a pas épuisé un millième du monde "
p.168

A la place du cœur saison 3 - Arnaud CATHRINE
Editions Robert Laffont, collection R
289 pages - 16,50 euros



J’ai lu A la place du cœur saison 3 d’Arnaud Cathrine
il a réduit mon cœur en miettes
il l’a ravivé aussi
rendu bouillant
            cru
            tendre
            prêt à être déchiqueter
pour la beauté et la vérité de l’engagement
                                               de l’amour
surtout, il remet l’écriture au cœur de l’humanité
écrire comme réflexe de survie
écrire comme pansement
écrire comme on épuiserait nos corps et nos cœurs 
une danse intense
un combat de plumes et d’encre
un sport épuisant, qui demande de la concentration et un lâcher prise sans pareil
l’écriture qui unit les pensées les actes les corps
une broderie hésitante, fil rouge, ligne de vie
un duo                                  de toi à moi de moi à toi
un partage                            de nous à eux d’eux à nous
une offrande
un terrain de jeu      qui nous irrigue toutes et tous / et nous offre un nouveau départ / un nouvel angle de vue 
une nécessité 

Caumes, Esther, Niels
Et toi, Arnaud, partout et nulle part entre les caractères noirs de ce texte,
Merci à vous pour cette fresque brûlante
                                   ce lambeau de vie
                       pour l’espoir, la crainte, l’acharnement.

dimanche 2 septembre 2018

INTERVIEW - AU COEUR DU BALLET PRELJOCAJ - NATALIA NAIDICH

Article initialement publié sur le site radio-londres.fr, le 8 février 2017. 

 
La Fresque - Ballet Preljocaj


Le nouveau ballet contemporain d’Angelin Preljocaj, La Fresque, est actuellement en tournée dans toute la France. Interview de Natalia Naidich, répétitrice au Ballet Preljocaj, avant une représentation à la Comédie de Valence.
Depuis quelques mois, Angelin Preljocaj est au cœur de l’actualité culturelle, avec la sortie de deux nouvelles créations : d’une part La Fresque, un ballet contemporain actuellement en tournée, d’autre part l’adaptation cinématographique de la bande-dessinée de Bastien Vivès, Polina (sortie en novembre 2016), dont Preljocaj est le réalisateur.
Ce que l’on connaît moins, ce sont les coulisses de cette compagnie, au Pavillon noir à Aix-en-Provence. Entre création et répétitions, la vie d’une pièce chorégraphique passe par des étapes essentielles lors desquelles Angelin Preljocaj est assisté par de nombreuses personnes. Natalia Naidich, une des répétitrices du Ballet Preljocaj, a répondu à mes questions.

A : Comment se sont passées les 1ères représentations à Aix-en-Provence ?

NN : Les représentations se sont très bien passées.
Il faut savoir qu’Angelin Preljocaj continue à travailler sur la pièce après la 1ère représentation. En général, la pièce n’est pas complétement fini le jour de la 1ère, il y a encore des petites choses à changer.
Il continue même aujourd’hui à affiner les détails, à travailler avec les danseurs sur cette pièce, mais on peut dire que la structure et le rythme de la pièce ne vont pas bouger.

A : Vous m’avez dit qu’Angelin avait déjà changé certaines choses dans la pièce, est-ce que vous en tant que répétitrice vous avez déjà ressenti le besoin de faire certaines modifications de votre côté, ou allez-vous toujours dans le sens d’Angelin ?


NN : Les situations peuvent être très différentes : il y a des situations où Angelin est là et je l’assiste, donc mon rôle est de l’aider.
Par exemple on fait un filage, on passe la pièce d’un bout à l’autre, et il me dit des choses qu’il voudrait changer, ou des corrections pour les danseurs et je les note. Et à la fin du filage, je lui rappelle ce qu’il m’a dit, on travaille avec les danseurs dans ce sens-là.
Il y a des pièces qui sont dansées des centaines de fois, donc c’est normal, il y a des petites choses qui se délavent, des rythmes qui deviennent un petit peu différent, des habitudes des danseurs à ralentir certaines choses quand c’est trop rapide, ou des gestes qui deviennent un petit peu moins précis.
Dans ces situations, les répétitrices sont un peu les gardiennes de ses chorégraphies : notre travail est de revenir, toujours, à la demande d’Angelin.

A : Pour vous, quels sont les principaux atouts de La Fresque ?


NN : Je trouve que c’est une pièce d’une grande sensibilité.
C’est un petit bijou car c’est une pièce assez courte. Les pièces d’Angelin dure entre 1h30 et 1h45, cette pièce dure 1h20. Je trouve que le rythme à l’intérieur de la pièce est très juste, ma sensation c’est qu’on en sort et qu’on se dit « c’était très court ! » ! Il y a des tableaux très différents les uns des autres, c’est une pièce très riche.

A : Comment s’organise le travail chorégraphique sur un ballet comme La Fresque ?

NN : La création de La Fresque était particulière, car on a commencé à la fin de la saison dernière en juin 2016, après les danseurs ont eu des tournées, puis on a reprit en septembre. On avait peu de temps, 4-5 semaines, pour finaliser le ballet. C’était un temps assez concentré, car en général Angelin prend 3 mois, ou 2 mois, là c’était un petit peu plus court. Il y a eu d’autres choses entre les temps de création, des tournées ainsi que les vacances, ça a obligé à être plus efficace, car c’était plus ramassé dans le temps.

A : Participez-vous à l’écriture chorégraphique avec Angelin en tant qu’assistante?


NN : Non, c’est un travail qu’il fait avec les danseurs. Ça peut se passer de différentes façons : Angelin peut créer des phrases et le matériel chorégraphique, parfois c’est les danseurs qui improvisent et lui prend ces matériaux pour les travailler.
J’ai un regard extérieur, j’essaie d’apprendre physiquement les mouvements dans l’espace et la musicalité, pour que mon travail avec les danseurs soit clair.
Pendant la création, il y a aussi des jours où il n’est pas là, parce qu’il avait d’autres projets à Paris. Mon travail était de clarifier ce qu’il a fait, puisque les danseurs peuvent avoir des interprétations différentes. Il faut donc se mettre d’accord pour que tout le monde fasse la même chose. Les jours de création où Angelin n’était pas là, je faisais surtout un travail dans les corps des danseurs, dans l’espace, de manière à clarifier les choses. Quand il revenait, ça donnait une base pour qu’il continue à travailler.

Natalia Naidich et moi-même ! (Tous droits réservés)

A : Est-ce que la chorégraphie d’Angelin évolue énormément au cours des répétitions, ou reste-t-elle sensiblement la même ?

NN : Cela dépend des pièces. Pour La Fresque, ce sont des petits changements, la structure, les tableaux, le rythme, restent effectivement les mêmes. Parfois ça va être des détails, des détails rythmiques ou dans les duos, des petits changements dans le rythme des phrases.
Après il y a des pièces qui ont été modifiées, comme, si je ne me trompe pas, Retour à Berratham : c’est une pièce qui durait près de 2h à la création et qui fait 1h30 aujourd’hui, donc qui a été sensiblement modifiée.
Le rythme n’est pas le même, c’est une pièce qui a gagné énormément.

A : Vous, Natalia Naidich, quels sont vos relations avec les danseurs d’une part, avec Angelin Preljocaj d’autre part ? Devez-vous gérer des tensions, avez-vous le rôle d’intermédiaire ?


NN : Je n’ai pas forcément le rôle d’intermédiaire, je pense que les danseurs ont une relation assez étroite avec Angelin, la communication est relativement simple entre eux. Angelin est quelqu’un d’accessible, il n’y a pas de souci à ce niveau-là. Ils ont même des entretiens personnels, ils parlent avec lui.
Il faut d’avantage gérer les moments de stress, avant la première par exemple, ou bien des moments où il faut apaiser certaines choses.

A : Pour revenir sur le travail chorégraphique, comme arrivez-vous, à partir de notes sur papier à transmettre autant d’informations corporelles aux danseurs ? Vous dansez avec eux ?

NN : Je ne danse pas forcément avec eux, bien qu’ayant été danseuse j’ai appris les mouvements. Mais je ne danse plus à leur rythme, je ne pourrais pas faire ce qu’ils font sur scène !
J’apprends donc physiquement les mouvements et j’essaie de travailler aussi avec mon corps, c’est hyper important. Après il faut savoir que chaque chorégraphie d’Angelin est écrite en partition chorégraphique, c’est comme une partition de musique mais on écrit la danse, en relation à l’espace et aux mouvements.
Comme cette partition chorégraphique bouge un petit peu puisqu’il y fait des changements, je la corrige. On va avoir cette pièce écrite, et il faut savoir que Danny Lévêque, la choréologue du ballet, qui est responsable d’écrire cette partition, va écrire les demandes d’Angelin.
On peut toujours aller voir cette partition, si on a un doute. Tout est y écrit !
Même si Angelin utilise des mots pour demander une intention particulière, ça va apparaître aussi. Donc c’est un outil de travail vraiment important dans la compagnie.

A : Comment se déroule le quotidien au sein de la compagnie ?


NN : Une journée type dans la compagnie ? Les danseurs arrivent à 10h30, ils ont 1h30 d’échauffement tous les jours, avec différents professeurs invités, de danse classique, ou de contemporain. Puis entre 12h15 et 18h on fait les répétitions, avec 1h au milieu pour manger de 14h à 15h.
Cependant, la vie dans la compagnie est différente selon les danseurs. Par exemple, le groupe de La Fresque a passé dernièrement plus de temps à Aix-en-Provence au Pavillon Noir, puisqu’on était dans un moment de création, alors que l’autre groupe a passé à la rentrée 2 semaines en Australie, ils sont partis à Séoul, ils sont actuellement à Bangkok. Pour la prochaine création, c’est les autres danseurs qui vont sûrement plus voyager, et les autres qui vont rester.
Le rythme est de toute façon très intense, que ce soit pour les uns ou pour les autres. Au mois de septembre, on a eu un jour de repos par semaine, et ceux qui sont partis ont travaillé énormément aussi.

A : Pour résumer votre rôle, peut-on dire que vous êtes le chef d’orchestre qui fait travailler les interprètes sur une partition d’Angelin Preljocaj ?


NN : Tout à fait ! C’est une très belle façon de décrire mon travail !

A : Parlons à présent de votre parcours personnel : comment la danse puis l’écriture chorégraphique sont-elles entrées dans votre vie ?

NN : A la base j’étais danseuse, je danse depuis que je suis toute petite.
Je suis Argentine , j’ai donc appris la danse et dansé là-bas. Après j’ai fait l’école Béjart en Suisse, puis je suis retournée danser à Buenos Aires en Argentine. J’étais dans un théâtre à Buenos Aires, et le directeur de la compagnie connaissait une technique d’écriture chorégraphique, qui n’était évidemment pas connue en Argentine, et il voulait depuis longtemps que quelqu’un l’apprenne : l’écriture Benesh, à Paris.
Il m’a demandé si ça m’intéresserait d’aller l’apprendre. C’était très bien pour moi car j’avais une blessure au genou qui m’avait fragilisée à ce moment-là et j’avais bien envie de repartir. Je suis venue à Paris faire cette formation de 4 ans, où j’ai appris la notation Benesh. Effectivement j’ai continué à danser mais à cause de ce problème à genou, j’ai fait une reconversion. A partir de 2004 je faisais surtout des partitions chorégraphiques pour différents chorégraphes, français ou étrangers.
Et en 2011, j’ai su qu’Angelin Preljocaj cherchait un assistant, et comme la partition chorégraphique est un outil très important dans la compagnie, il voulait que ce soit quelqu’un qui sache lire et écrire la notation Benesh, en plus de savoir bouger évidemment ! Par exemple, une des épreuves pour avoir ce poste c’était d’enseigner : ils m’ont donné un bout de partition, et en 1h j’ai du la lire puis enseigner ce que j’ai lu sur cette partition que je ne connaissais pas du tout. Il faut donc savoir transmettre, savoir s’exprimer physiquement aussi. C’est comme ça que je suis entrée dans la compagnie en tant qu’assistante.

A : C’est la fin de cette interview, merci beaucoup !


NN : Merci à vous !

Je tiens à remercier le Ballet Preljocaj d’avoir rendu possible cette entrevue, ainsi que Natalia Naidich pour sa disponibilité chaleureuse.

dimanche 3 juin 2018

#CHRONIQUES Shorba, l'appel de la révolte - Gaspard FLAMANT

« à ceux qui n’attendent pas que je tombe pour me relever » 
p.0

Shorba, l'appel de la révolte - Gaspard FLAMANT
Éditions Sarbacane (Exprim') - Service de presse
15,50 Euros



Depuis qu'on a abandonné le lycée, il nous reste pas grand-chose, à part le pied des tours. Nous, c'est mes deux potes et moi, Shorba. Mais on a rencontré Léo... et tout a changé.
A travers l'histoire d'un éveil civique et celui du jeune Shorba, qui découvre l'urgence de l'action citoyenne, de la solidarité envers les réfugiés et plus largement, le sens profond du mot "révolte", ce roman résonne fortement avec les valeurs de respect des droits humains que défend Amnesty International.


Shorba, l'appel de la révolte, est un réel tourbillon : roman sur les réfugiés, l’extrême gauche, l’émancipation, le refus d'une société capitaliste, sur les squats (dans une usine désaffectée et dans des maisons de riches), les combats pour la liberté individuelle et collective, l’aide, la résistance, la prison. C'est également un roman sur la vie dans les cités, comment s’en sortir sans tomber dans les trafics de drogues, comment avoir accès au savoir et à la culture.
C'est un récit initiatique, poignant, poétique, fort. Il s'organise au travers de deux personnages : le Guide, Léo, figure inspirante et foisonnante, et son apprenti, Shorba : un schéma classique mais efficace, ce "couple" étant attachant, dynamique et contrasté. Deux personnages principaux, mais c'est tout un monde que nous découvrons entre les pages de ce livre. 


« Léo sait que pour obtenir un peu, il faut demander beaucoup. »  p.200  

Livre révolté, qui transmet l’envie de se rebeller à son tour. Faire changer les choses, apporter son aide… L’aide vitale, primaire, comme donner un toit, est un acte militant : mais pourquoi rencontre-t-on tant de difficultés à accueillir et secourir ?
Cet ouvrage est ancré dans l’actualité, dans ce qui nous pousse à l’écœurement mais pas assez souvent à l’action ... Ici, l'auteur portraite des personnes mettant leur vie en danger pour servir et honorer ces causes nécessaires.

Porté par une écriture fluide et active, Shorba est un roman qui donne l'envie et le courage de se battre, tout en remplissant avec talent ses fonctions de divertissement éducatif : une éducation à la révolte.
 De l’activisme pour toutes et tous, l’action pour la révolution !