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mercredi 19 juillet 2017

#CHRONIQUES: Les pluies - Fils d'Antigone - Les belles vies - Sauveur & Fils saison 3


Je reviens, après plusieurs mois d'absences, pour un premier condensé de chroniques des romans que j'ai lus pendant cette pause ! 
J'espère que ce format vous plaira, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !




LES PLUIES - Vincent Villeminot 
Éditions Fleurus - 16,90 € - 340 pages - Septembre 2016
Service de presse 

 
"T'écrire, c'est pour moi une façon d'espérer ne pas vous perdre tout à fait. Ne pas nous perdre." (p.165)


Vincent Villeminot, auteur chaleureux et étonnant, nous offre un récit d'anticipation climatique, avec de larges résonances sur notre monde actuel. 
La pluie est l'élément déclencheur de cette intrigue: elle envahit les pages de ce roman, sépare les familles et les amants,  et symbolise aussi bien réchauffement climatique que crise des réfugiés. Autant de questions politiques et environnementales ancrées dans notre actualité, que nous pose l'auteur à travers le regards d'adolescents. Les visions d'une même situation sous différents angles donnent encore plus de puissance aux sujets abordés dans ce roman.
Un ouvrage haletant qui se lit avec passion, et dont la suite arrive en septembre...
  


FILS D'ANTIGONE - Irène Cohen-Janca
Éditions Rouergue (Doado) - 8,50 € - 76 pages - 2016
Service de presse

 "Rien ne survit à la mort, Nat.

Si. Les vivants. La mémoire des vivants. Et j'ai besoin moi de le savoir en terre dans la protection de la terre et de l'obscurité pour continuer à le faire vivre." (p.28) 


Court roman de l'excellente collection Doado, d'une non moins reconnue et célèbre auteure jeunesse, Irène Cohen-Janca
Son écriture est ciselée, direct, brute et vibrante. Les mots claquent, s'entrechoquent, ils sont rythmés comme un slam.
Ils servent la cause des morts, ceux dont la mémoire ne subsistera qu'à travers les vivants.
C'est en s'inspirant de l'héroïne tragique Antigone que Nat va mener un combat acharné pour faire enterrer son père. Non pas incinérer mais enterrer, tel quel, car : "J'ai besoin d'un rendez-vous à heure fixe. Je veux apprivoiser sa mort comme le renard veut être apprivoisé par le petit prince. Alors il faut du temps, beaucoup de temps et un lieu de rendez-vous." (p.27)
En me replongeant dans ce roman pour vous écrire ces quelques lignes, j'ai compris l'ampleur de sa beauté profonde et cruelle, et de la résonance qu'il a eu en moi. 
Je sais que je ressentirai le besoin de me replonger dans Fils d'Antigone un jour, comme un besoin vital, pour retrouver la poésie de ces pages. 



LES BELLES VIES - Benoît Minville
Éditions Sarbacane (Exprim') - 15,50 € - 231 pages - 2016
Service de presse

"Ce que je peux humblement vous conseiller, quand le torrent des émotions est trop difficile à endiguer, c'est de peser ce que vous avez comme bonheur et comme malheur, et d'essayer de les faire cohabiter. Il vous faut préserver des petits moments de joie dans le tragique de la vie, ils sont à vous." (p.111)

Un roman sur l'été, un roman pour l'été, par le rock'n'read... Benoît Minville !
Des adolescents qui se construisent, qui s'affrontent, qui s'aiment, qui s'acceptent, petit à petit, dans un récit lumineux et vivant. 
Des dialogues ciselés tels une pièce de théâtre, la pension pour enfants de Passy comme décor.
Ce récit est à l'image de de la (magnifique) couverture: une bouffée d'air frais, un saut dans l'inconnu, la crainte d'éclaboussures mais toujours la promesse de nouveauté et d'un renouveau effrayant bien que prometteur !
Je garde de cette lecture un excellent souvenir: rire, émotions, des chapitres qui filent sans qu'on s'en rende compte, beaucoup de joie et des personnages marquants ! 
Un feel-good-book façon parcours initiatique, sur des enfants et adolescents aux vies compliquées. Une belle leçon de vie, qui montre l'importance et la difficulté de l'éducation, l'évolution d'un être humain en quelques mois, ainsi que les incroyables et inattendues trajectoires  de la vie !

La playlist de l'auteur: https://www.youtube.com/watch?v=W7KO95k_NWY&list=PLJVomRE1jWSRWl5ZoeJPsNdXOFLGwxOWb




SAUVEUR & FILS saison 3 - Marie-Aude Murail
Éditions L'école des loisirs (Médium) - 17,00 € - 318 pages - 2017
Service de presse 

"Passons passons puisque tout passe
Je me retournerai souvent
Les souvenirs sont cors de chasse
Dont meurt le bruit parmi le vent "
 (Cors de chasse, Apollinaire, p.120)


 C'est déjà le troisième tome de Sauveur & Fils, chronique familiale et professionnelle rocambolesque, aux personnages multiples, complexes et attachants. J'aime cette lecture touchante et son propos humaniste, écrite avec tact et talent par Marie-Aude Murail, auteure de mon enfance et qui ne m'abandonnera pas de sitôt... 
Entre humour et réflexion, dérision et poésie, les épisodes de la vie du psychologue Sauveur Saint-Yves, son fils et autres électrons libres gravitant autour de lui sont délicieux et à consommer sans modération !

Psychologie, petits drames et grands tracas, mais surtout de l'amour : la vie à l'état pur à lire en famille !

Marie-Aude Murail regarde beaucoup de films, et elle nous  conseille en fin d'ouvrage ceux qui l'ont accompagnée et inspirée tout au long de la rédaction de ce roman ! Jetez-y un œil ! 





 J'espère vous avoir donné envie de dévorer ces romans pendant cet été chaud et propice à la lecture !
Prenez soin de vous et de vos livres, à bientôt pour d'autres chroniques !

vendredi 7 juillet 2017

CINÉMA - Ava de Léa Mysius



Ava, c’est une brûlure, un récif, un désir, une urgence de vivre.

Un besoin d’aimer et d’être aimée, envers et contre tout ce qui pourrait nous empêcher de vivre pleinement ; la menace d’un chien qui rôde, la police toujours présente, une mère volage et insidieuse.
Ava, personnage éponyme du premier film de Léa Mysius, est une jeune fille de 13 ans, qui voit son champ de vision rétrécir jour après jour.
Un film d’été au bord de la plage, filmé sur pellicule, ce qui donne un grain si particulier à l’image et des couleurs vives mais déjà mélancoliques, qui portent les marques du passé tout comme l’histoire qui se déroule sur l’écran. Les plans sont composés de manière remarquable. Ce sont des tableaux, des accumulations orchestrées d’objets et d’indices qui marquent notre rétine par la sensibilité artistique et la beauté sauvage qui s’en dégagent.


Cet été, c’est celui de la première et dernière fois, un interstice trop éclatant avant que le rideau noir de jais ne se referme.
Nous pourrions d’abord croire que cette voie est sans issue, un traquenard qui ne peut être déjoué, la piste de sable chaud qui conduit vers une mort des sens lente et douloureuse. Mais le scénario est bien tranché, deux parties s’opposent et s’affrontent. D’un côté l’amertume d’une vie de famille désordonnée et faussement heureuse ; de l’autre l’amour impossible, la course folle, la liberté pour envoyer balader la fatalité crasse de la vie.
Et l’imaginaire, les rêves, les cauchemars, qui ponctuent le récit comme des respirations esthétiques et oniriques, jusqu’à devenir folie du réel.

Ava, une brûlure sous un soleil de plomb, une dernière danse rythmée par la symbolique chanson « Sabali » d’Amadou et Mariam.




"Ava" de Léa Mysius, sorti en salle le 21 juin 2017, avec Noée Abita, Laure Calamy et Juan Cano.