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mardi 20 décembre 2016

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot


« C’est vrai parce que tu es belle, disait-il. Des fois, tu me fais croire qu’il existe un ailleurs. Autre chose. De plus beau. »
p.101

 Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot
sortie en novembre 2016, éditions Sarbacane (Exprim')
15,50 €, 213 pages, ISBN: 9782848659220
Service de presse
Synopsis :

Le vendredi 13 novembre, B. était à une terrasse. Il a vu les tueurs tirer.
Le lendemain, en quittant l’hôpital, il croise un homme dans le métro…
Il le reconnaît : c’est l’un d’eux.
Alors, sans avoir décidé ce qu’il va faire, il le suit.

Mon avis :

Merci beaucoup aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman !

Avec Samedi 14 novembre, je redécouvre encore différemment Vincent Villeminot. Son écriture est simple, mais laisse passer tant de nuances, de poésie, d’espoir entre ses mots qui giflent. Et plus important encore, plus révélateur du message qu’il veut faire passer –du message que j’ai compris-, c’est l’omniprésence de l’amour. Même dans l’horreur, au cœur de la folie humaine, quand il semble impossible d’en repérer, l’amour se tapit dans l’ombre de la haine et surgit dans la lumière.
Peut-être est-ce le credo de Vincent Villeminot : nous démontrer que malgré le chaos le plus total, une étincelle de chaleur humaine peut tout changer.
Car Villeminot fait passer tous les sentiments, toutes les émotions et tous les ressentis par le prisme de l’amour : l’amour que B. porte à son frère Pierre, tué lors des attentats, l’amour que les proches de B. lui portent, la haine qui bout en B. lorsqu’il se met à suivre un de ces terroristes ; haine qui mène à quoi ? Que pourrait-il bien faire une fois le bourreau devant lui ? 

« Même pas peur », même si on pleure.
p.46


L’amour, comme un pansement sur une blessure à vif, l’amour comme s’il résultait d’une colère devenue folie, l’amour-violence pour échapper aux larmes.
Le scénario que propose l’auteur sur le lendemain des attentats est tout à fait inattendu, surprenant. Peut-être peut-on s’interroger sur la nécessité qu’un roman ose faire ce pas dans l’inconnu, qu’un texte prenne un parti-pris aussi sensible.
Je vois cette intrigue comme le résultat d’une envie collective, nationale, un élan d’imagination de vengeance, au-delà même de l’envie de comprendre pourquoi, comment, qui a fait ça.
Passer sa haine, sa violence, sur les bourreaux. Leur faire payer, leur faire subir ce que nous avons tous ressenti comme un viol, comme une abomination. Être face aux tueurs, ces personnes qui restent malgré tout dignes, ayant une famille, un regard, une âme ; et voir jusqu’où nous pourrions aller sous l’emprise d’une douleur qui nous dépasse tant qu’elle nous envahit et déborde.
Se placer face à la réalité, une réalité peut-être plus banale qu’on ne pourrait l’imaginer.

Ce roman est construit autour d’une première partie de violence, d’horreur, puis l’amour prend le dessus, la tension redescend et l’espoir revient. C’est pourquoi ce roman est essentiel pour nous, car il retrace nos pensées, nos cauchemars, notre état d’esprit, et les mille possibilités qui s’offrent à notre humanité.

Alors ils feront l’amour, des heures, des heures. Ils feront du sexe, et puis de l’amour, avec plus de douceur, et puis encore du sexe, comme une guerre, comme on monte à l’assaut, parce qu’il faut bien tout de même mourir contre un corps, et s’éprouver vivants.
p.174

Samedi 14 novembre est l’histoire d’un survivant qui échappe aux morts par la fuite et pour venger son frère, c’est l’histoire de son entourage qui se bat pour vivre, c’est l’histoire de nos ennemis qui ne sont pas si éloignés de nous. 

Un roman sur nous, sur vous, sur les morts et les survivants. Sur la vie qu’il nous faut conserver, et sur l’amour qui renaît malgré la peur. Un texte comme une respiration brute et vivifiante, un cri qui transperce nos cœurs.

5 commentaires:

  1. Je n'avais pas du tout pensé à la thématique de l'amour si en avant dans ce roman, ton avis est super intéressant pour la façon dont tu abordes ce thème ! J'étais passée à côté, j'étais plus marquée par le côté des émotions de haine et d'horreur qui m'ont frappé ! Bravo pour ta chronique et contente que toi aussi, tu as été touchée par ce roman exceptionnel :)

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    1. Je suis touchée que tu apprécies tant mon avis, merci ! :)

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  2. Je le commence en janvier, promis juré :)

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    1. Très bonne résolution de début d'année Agathe :)

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  3. Je n'ai pas trop vu d'amour dans ce livre même s'il y en a un petit peu. J'ai surtout vu de la haine en fait. Au final, je n'ai pas trop aimé ce livre...

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